
a month on eggs, 2024 🇺🇸
A few months ago, caught up in the whirlwind of work, my meals were reduced to a simple bowl of Chinese fried rice, a dish from my childhood I always turn to in a hurry, quick and comforting. In my fatigue, I was barely tidying up, and so the eggshells piled on my kitchen countertop, silent witnesses to the passing of the days.
As the weeks went by, the window light spilling onto these innocuous leftovers started to catch my eye. Each day, depending on the hour and the weather, new shadows and colors appeared, transforming this daily chaos into a series of ephemeral compositions. I began to paint them, to catch these fleeting plays of light before they disappeared.
What began as a simple observational exercise grew into a documentation of all the eggs I had consumed during this period — a journal of my hectic routine.
The eggshells accumulated, filling the space like a materialization of the time passed. One day, the morning light fell on the magnificent pyramid of empty shells, and I knew it was the end of the series — one last egg study to capture the final moments before they vanished.
un mois des œufs, 2024 🇫🇷
Il y a quelques mois, prise dans un tourbillon de travail, mes repas se réduisaient à un simple bol de riz aux œufs, un plat chinois de mon enfance, rapide et rassurant. Chaque soir, dans ma fatigue, je rangeais à peine, et les coquilles s’amoncelaient sur mon plan de travail, témoins silencieux du passage des jours.
Au fil des semaines, la lumière se répandant sur ces restes anodins captait mon regard. Tous les jours, selon l’heure et la météo, de nouvelles ombres, de nouvelles nuances apparaissaient, transformant ce désordre quotidien en une série de compositions éphémères. J’ai commencé à les peindre, à saisir ces jeux de lumière fugaces avant qu’ils ne disparaissent.
Ce qui n’était au départ qu’un simple exercice d’observation est devenu un documentaire peint de tous les oeufs que j’avais consommés pendant cette période — un journal de ma routine effrénée.
Les coquilles s’accumulaient, emplissant l’espace comme une matérialisation du temps écoulé. Lorsqu'un jour où la lumière du matin a caressé le magnifique amas, j’ai su que c’était la fin de cette série – une dernière étude de coquilles pour figer ces derniers instants avant qu’ils ne s’évanouissent.